28.08.2007 | Don Juan
Andrée Sodenkamp – Don Juan
Tu ne fus rien, pas même un cœur de peu de temps,
Un jeu de femmes nues sur ta pensée d’amant
Mêle de lourds cheveux ouverts comme un automne.
La roue du paon qui tourne en ton cœur monotone.
On te respire comme un lit. Tu crois qu’on t’aime.
On te boit, ô Juan, sur ta bouche d’oubli.
On se couche sur toi pour rêver à soi-même,
On te perd, on te gagne aux dés, comme un pari.
Tu es tout ocellé de tristes bouches peintes,
Tu es tout traversé d’appels et sourd de plaintes
Qui ont crié sur toi comme à travers la mer.
Un jour, tu seras vieux, ta chair sera la terre
Où dorment trop de mortes.
Tu seras ce hochet du plaisir qu’on emporte...
Sais-tu, malgré ton feu, combien court est ton temps,
Que des femmes sont nées dont tu n’es pas l’amant,
Que blessé mille fois aux dents de tes mortelles,
Tu t’en iras, Juan, juste avant la plus belle.
19:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Don Juan, Sodenkamp, Poésie, Amour











Commentaires
une belle dose de sensualité dans ces images tendres et personnelles. Des images sensibles et qui raisonnent...
Ecrit par : eric | 06.09.2007